Solidarité avec les infirmier(e)s !


Tous les jours, samedi et dimanche compris, Pierre ou Nicolas arrivent à 5h30 chez leurs premiers patients : des personnes hémiplégiques au sommeil morcelé en raison de leurs douleurs. D’un bonjour chaleureux et souriant, ils donnent le « La » pour la journée et entament les manipulations délicates qui touchent à l’intimité des personnes : lever (c’est-à-dire soulever à l’aide d’un palan), changer, laver, habiller. Ils aiment donner du temps à la conversation, de quoi rassurer, stimuler, encourager. Pour eux, le confinement signifie continuer à assurer cette aide journalière et à apporter aux personnes, souvent plus inquiètes, le soutien quotidien dont elles ont besoin. Tout en prenant bien sûr toutes les précautions. Toujours d’humeur joviale, ils arrivent dorénavant gantés et masqués !


Ils ne sont pas en première ligne, mais ils font partie des travailleurs et travailleuses de l’ombre. Ils et elles assurent au quotidien les soins infirmiers à domicile pour toutes celles et ceux qui ont besoin d’aide au lever et à la toilette du matin, de pansements ou de piqures.
 
Une fois les premiers coiffés, rasés et prêts au déjeuner, Pierre et Nicolas les quittent. En moyenne, ils consacrent 20 minutes par personne, mais ne sont pas à la minute près. C’est une fois parti qu’ils s’empressent d’aller à l’adresse suivante où d’autres patients les attendent, parfois inquiets d’un retard de quelques minutes. Et là les minutes comptent !
Solidarité avec les infirmier(e)s !

De bonne foi, ils pensaient qu’ils pouvaient stationner sur le piétonnier avant 10h du matin, comme ils le font depuis qu’ils viennent dans les immeubles du Jardin de la Source. Une petite affiche « Infirmier » annonce la raison de leur passage. C’est donc très surpris que Pierre s’est vu interpellé par la police au lendemain des mesures gouvernementales de confinement, le menaçant d’une amende ! Car figurez-vous que, corona ou pas, les infirmiers ne peuvent stationner devant chez leurs patients, même sur le piétonnier. Sylvie, une autre infirmière de l’ombre, le confirme. Elle a déjà reçu des PV: 25€ pour une prestation qui lui rapporte environ 50€. Pierre estime qu’il perd environ 1h par jour à chercher un parking et à faire les trajets à pied pour atteindre l’adresse de ses patients. L’équivalent de 3 à 4 patients qui pourraient aussi recevoir leur aide - ou près de 30h perdues par mois.
 
La police dit appliquer le règlement. Seuls les livreurs et déménageurs peuvent stationner sur le piétonnier ! Autoriser les infirmiers pourrait d’après eux créer un précédent qui conduirait tout le monde à y stationner. « Ils peuvent aller au parking gratuit 15 minutes », suggère la police.
 
Pour Pierre la pilule est amère. D’autant que son collègue vient d’être mis en confinement, son épouse pédiatre ayant contracté le virus. Pierre le certifie à ses patients inquiets : il assurera seul les soins tous les jours, week-end compris, durant la période de confinement. Pour autant qu’il ne soit pas lui-même contaminé ! On n’ose y penser !
 
La morale de l’histoire ? Le Coronavirus met en lumière le rôle primordial de nos hôpitaux et du personnel médical en première ligne. Tous, nous sommes en admiration. Le personnel médical fait preuve d’un courage extraordinaire qui suscite les applaudissements, les appels à la solidarité et autres gestes de soutien. Que cette lumière éclaire également le rôle essentiel de toutes celles et ceux qui travaillent depuis toujours dans l’ombre : infirmiers, aides soignants, aide à domicile. Et que la solidarité ne soit pas seulement celle suscitée par l’épidémie du Covid 19. Qu’elle traverse le temps au delà de l’épidémie car nous aurons toujours besoin d’elles et d’eux.
 
Questions : A votre avis ne devrait-on pas par solidarité autoriser les infirmiers et aides soignants à stationner devant chez leurs patients le temps de leur visite à domicile ?
 
Pour l'Echevin, il est effectivement paradoxal que les infirmiers et médecins ne soient pas autorisés à stationner sur le piétonnier à proximité de leur patients le temps d'une courte visite, alors que les les livreurs le sont. La grande difficulté est d'arriver à contrôler et éviter les abus qui, en général, ne viennent pas des habitant(e)s mais de personnes extérieures à Louvain-la-Neuve. Il souhaite aussi qu'on trouve des solutions pour soutenir le personnel qui assure les soins médicaux à domicile dans le court terme, tenant compte des difficultés particulières dues à l'épidémie. Il souhaite aussi repenser le règlement et les mesures de contrôle pour que ces solutions soient d'application à plus long terme.  

 
Anne Quévit
 
 

 





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