Le confinement vu par deux parents en télétravail


Amandine Masuy est maman de deux jeunes enfants : Guilhem, 3 ans et demi, et Vadim, 1 an et demi. Comme pour tant d'autres, le quotidien de cette famille néo-louvaniste a été bouleversé par l'épidémie et les mesures de confinement. Et jongler entre jeunes enfants et télétravail s'avère parfois délicat !


Comment se passe le confinement pour vous ?

« En temps normal, notre quotidien est déjà fort serré. Nous travaillons tous les deux à temps-plein et avons peu d’aide extérieur pour les enfants. Mon mari, Lionel, travaille à Bruxelles et moi à Belgrade (Namur). Nous avons cependant une certaine flexibilité sur nos horaires et j’ai la possibilité de télétravailler jusqu’à trois jours par semaine. J’ai donc l’habitude de cela ! Nous avons une aide-ménagère 3h par semaine. Mon papa et son amoureuse, Madeleine, vont chercher les enfants une fois par semaine pour me permettre d’aller à la kiné. De plus, Madeleine conduit Guilhem à son activité musicale du mercredi après-midi et nous offre un baby-sitting par mois. Nous arrivons donc tout juste à travailler 8h par jour en temps normal. Voici donc la situation de départ.
 
Pendant le confinement, Lionel et moi sommes censés télétravailler à temps-plein, mais tout en nous occupant de nos deux garçons à temps plein également ! Et à leur âge, on ne peut pas et on ne veut pas les mettre devant les écrans.
STOP : je m’arrête d’écriture, Guilhem est réveillé et m’appelle.
A leur âge, ils sont un peu autonomes dans leur jeux (15-30 minutes) mais c’est imprévisible et pour tout le reste, ils ont besoin de nous : il faut changer le petit, essuyer les fesses du plus grand, donner sa panade au petit, préparer les tartines du grand, les mettre à la sieste, leur préparer un goûter varié et équilibré… Imaginer des activités compatibles aux deux. Sans oublier d’aller prendre l’air tous les jours.
Les jeux qu’ils savent faire ensemble sans nous : (1) prendre tous les jouets d’une chambre et les lancer dans le couloir (ou mieux, à l’étage inférieur) ; (2) sauter sur notre lit (enfin, il faut quand même être là pour éviter que le petit ne tombe du lit) ; (3) se battre (mais ça ne dure jamais longtemps avant qu’un des deux ne vienne se plaindre chez nous !) ; (4) jouer à commander des bêtises : Guilhem demande à Vadim de jeter sa cuillère par terre, de renverser son gobelet sur sa tablette…Vadim tout fier de comprendre, s’exécute avec joie et ils rient bien tous les deux. Sinon, le plus grand vient d’inventer le mode "rien faire" et le plus petit est entré dans sa période du "non". On s’amuse ! »
Le confinement vu par deux parents en télétravail

Est-ce que vous arrivez à prendre du temps pour vous ?

« Justement, nous avons instauré cela depuis le confinement, car mon mari et moi en avons vraiment ressenti le besoin et les enfants se sont aussi habitués à l’alternance. Le dimanche, je m’occupe des enfants le matin et mon mari a 4h pour lui. L’après-midi, on inverse. Le samedi, par contre, on est à quatre et on fait une grande balade l’après-midi. »

Beaucoup de parents ont actuellement l’impression d'être peu productifs au travail, tout en ne pouvant pas vraiment profiter de leur vie de famille et s’occuper de leurs enfants autant qu'ils le voudraient. Quel est votre ressenti ?

« La difficulté principale n’est pas la concentration. On dispose d’une pièce bureau où on peut s’isoler. La difficulté est le temps de travail qui est très compressé. On a 4h par jour assuré chacun, mais pas plus. Parfois, celui qui travaille le matin peut continuer un peu pendant la sieste des enfants, mais il y a toute l’intendance à faire (repas, vaisselle, change…). Mon mari travaille parfois la nuit mais pas les jours fériés. Moi, j’ai décidé de ne pas travailler la nuit, pour tenir le coup, mais de travailler tous les jours de la semaine, même si c’est férié. »

Comment faites-vous pour vous concentrer sur le boulot ?

« On fait confiance à l’autre et même si on entend que c’est un peu difficile avec les enfants, on le laisse gérer. On explique bien aux enfants chaque matin, quel jour on est, ce qui devrait se passer normalement et qui s’occupe d’eux le matin ou l’après-midi. »

Est-ce que vous avez des « trucs » pour occuper les enfants, seuls ou en famille ?

« On fait d’office une balade par jour (aller voir les moutons, les oisons, aller au bac à sable, aux bulles à verre). A leur âge, ça prend déjà tout un temps de préparation. Sinon, du jardinage, musique, de la craie sur la rue, atelier cuisine, plasticine, peinture… Je demande au plus grand chaque matin s’il y a une activité qu’il aimerait faire. Je me mettais la pression au début pour imaginer des ateliers chaque jour, mais, finalement, ça ne convenait pas nécessairement à l’humeur du jour. On est plus soft maintenant. On maintient une certaine routine (on prend le petit-déjeuner, on s’habille, puis activité, déjeuner, sieste, goûter, activité, repas, sortie devant la maison pour applaudir les médecins et les infirmières avec les voisins, puis un épisode à la télé en famille et dodo à 22h), mais, pour les activités, on improvise et si on voit qu’ils arrivent à s’occuper tout seuls, on en profite. »

Quels sont les ressentis de vos enfants sur la situation ?

« Le plus grand (bientôt 4 ans) est très conscient de la situation. Il nous parle de tous les voyages qu’il aimerait faire après et nous dit qu’il en a assez que le coronavirus traîne et qu’il en a assez de Sophie (Wilmès). Mais, au jour le jour, il est plutôt content qu’on s’occupe de lui. Le plus petit (20 mois) semble comprendre qu’il faut garder ses distances avec les autres, mais on ne peut pas lui en demander plus. »

Est-ce que tout cela va changer un peu votre façon de vous organiser, une fois le confinement terminé ?

« On va certainement garder nos plages de temps libre mon mari et moi et nous sommes passés aux couches lavables avec le plus petit, ça restera aussi. De même que les paniers bio ! »
 


Dans une carte blanche publiée en mars, la Ligue des familles avait déjà tiré la sonnette d'alarme  : le télétravail est souvent incompatible avec la charge d’enfants, notamment les plus petits ! C'est en effet une double charge mentale, à la maison, encore plus pour les papas et mamans solo. Selon un sondage de la même association, 8 parents sur 10 n'arrivent ainsi pas à bien télétravailler. D'ailleurs, près de 6 parents sur 10 travaillent à domicile. Cela dit, si la situation peut s'avérer difficile, la plupart des sondé(e)s essayent malgré tout d'y voir du positif. C'est le cas d'Amandine « On doit avouer que même si l’âge de nos enfants fait qu’on doit beaucoup s’en occuper, on a la chance d’avoir un jardin, une pièce que l’on peut dédier au télétravail, chacun un ordinateur portable, des emplois stables. On vit à proximité directe d’un grand bac à sable, du lac et du bois. Beaucoup d’autres n’ont pas cette chance ! »





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