Journal d’un étudiant confiné


Depuis trois semaines maintenant, l’enseignement a totalement basculé en distanciel. Cours en vidéoconférence, petites vidéos explicatives, QCM, sont autant de solutions qui sont utilisées par les enseignant·e·s pour poursuivre l’enseignement à distance. L’annonce avait fait grand bruit lorsqu’elle était tombée et avait suscité beaucoup de craintes. Trois semaines plus tard, voici un petit état des lieux de la situation.


« Etudier est un privilège » n’aura jamais été aussi vrai. En effet, vous le vivez peut-être, nous ne sommes pas tou·te·s éga·ux·les face au confinement : étudier dans sa maison quatre façades avec des parents universitaires qui adoptent un rythme de télétravail est sans aucun doute plus avantageux que d’être dans un petit appartement dans lequel six personnes se partagent deux ordinateurs. Ces exemples peuvent vous sembler caricaturaux, mais ce sont deux situations qui existent.

On estime que 8% des étudiant·e·s ne bénéficient pas d’un endroit calme pour étudier dans leur lieu de confinement. C’est peu mais pour les étudiant·e·s concerné·e·s cela signifie que, ces semaines lors desquelles l’enseignement se poursuit à distance, sont des semaines de retard qui s’accumulent. A ces étudiant·e·s s’ajoutent ceux qui n’ont pas de matériel informatique adéquat ou encore un wifi de piètre qualité.

Ensuite, à ces difficultés pour suivre l’enseignement, s’ajoutent des difficultés financières. En Fédération Wallonie-Bruxelles, il existe 160 000 jobistes, qui perdront, pour 80% d’entre-eux, cette source de revenu. Alors, quand on sait qu’un·e étudiant·e sur quatre qui jobe, le fait pour payer ses études, la situation est alarmante.
 
Journal d’un étudiant confiné

Face à ces problématiques, quelles réponses sont ou peuvent être apportées ?

A plusieurs niveaux, des solutions existent. Tout d’abord, au niveau fédéral, un fond d’aide peut être mis à disposition des jobistes, ou encore une décision peut être prise pour venir en aide au budget social des écoles d’enseignement supérieur, à ce jour aucune décision n’a été prise. Au niveau de l’université, le service d’aide aux étudiant·e·s bénéficie d’une série de moyens qui peuvent être mis à la disposition des étudiant·e·s. Le problème est que peu, très peu d’étudiant·e·s connaissent ce service d’aide et donc bénéficient de leurs ressources. On estime que seulement 5% des étudiant·e·s ont connaissance de ce service.

Pour les étudiant·e·s, la dépense la plus lourde reste celle de leur kot, qui bien souvent, pendant cette quarantaine, demeure inoccupé. Vous êtes peut-être concerné·e par un·e étudiant·e qui kote chez vous. Ici, une réponse peut être apportée par les propriétaires privés, qui, même si elle est limitée par le champ d’action, peut être salvatrice pour certain·e·s étudiant·e·s. Le mieux est sans doute de pouvoir en discuter avec son locataire. Concernant l’UCLouvain qui possède une bonne partie des kots du campus, aucune réelle décision de soutien aux étudiant·e·s locat·aires·rices n’a été prise, il a seulement été décidé de réduire de 50% les charges, ce qui correspond aux frais que l’UCLouvain ne doit plus payer dû au confinement. 

Alors évidemment, les situations sont très hétérogènes d’un·e étudiant·e à l’autre: certain·e·s étudiant·e·s vous diront ne jamais avoir autant suivi leurs cours maintenant que les cercles sont fermés et vont sûrement très bien réussir en juin, beaucoup n’ont pas de problèmes financiers et tant mieux. Pour d’autres, sans doute une minorité, la situation est bien différente : difficultés financières, problèmes techniques pour suivre les cours, manque d’un endroit calme pour travailler correctement, fracture numérique[1], sont autant de difficultés à faire face en même temps en cette période.

Il s’agit maintenant pour l’université et les décideurs politiques de ne pas oublier, sous prétexte de vouloir plaire à la majorité qui demande un certain type d’enseignement distanciel et des modalités d’évaluation particulières, une minorité qui, sans surprise, sera une ligne de fracture de classe, genre, âge, etc. Est-ce que nos universités pourront s’adapter ces prochaines semaines, que ce soit dans les modalités d’évaluation, la poursuite de l’enseignement à distances, les aides qui vont être mises en place, pour ne pas les oublier ?
 
Affaire à suivre…


 
Baptiste Van Tichelen
 
[1] On estime que 4% des étudiant·e·s subissent la fracture numérique en FWB, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas accès de la même façon que d’autres aux technologies, notamment à internet.
 
 





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